Base vectorielle vs graphe de connaissances : quelles différences ?

Une base vectorielle et un graphe de connaissances permettent tous les deux de retrouver des informations utiles à un système d’intelligence artificielle.

Ils ne représentent toutefois pas les connaissances de la même manière.

Une base vectorielle représente principalement la proximité sémantique entre des contenus.

Un graphe de connaissances représente explicitement des entités et les relations qui les unissent.

La différence peut être résumée ainsi :

Une base vectorielle indique quels contenus se ressemblent. Un graphe de connaissances indique comment les entités sont reliées.

Ces deux technologies ne sont pas concurrentes dans tous les projets. Elles sont souvent complémentaires.

Ce que vous allez comprendre

À la fin de cette page, vous saurez :

Qu’est-ce qu’une base vectorielle ?

Une base vectorielle stocke des vecteurs numériques représentant des contenus.

Ces contenus peuvent être :

Un modèle transforme chaque contenu en une série de nombres appelée embedding.

Exemple simplifié :

"voiture électrique"
→ [0.12, 0.84, 0.31, ...]
"automobile alimentée par batterie"
→ [0.11, 0.81, 0.35, ...]

Les deux vecteurs sont proches.

Le système considère donc que les deux expressions possèdent un sens similaire.

À quoi sert une base vectorielle ?

Elle sert principalement à :

Exemple de recherche vectorielle

Question :

Comment recharger une automobile à batterie ?

La base peut retrouver un document intitulé :

Procédure de recharge des véhicules électriques

Les mots ne sont pas identiques, mais les significations sont proches.

Qu’est-ce qu’un graphe de connaissances ?

Un graphe de connaissances représente des entités et leurs relations.

Exemple :

Véhicule E200 → est un → Véhicule électrique
Véhicule E200 → utilise → Batterie B40
Batterie B40 → compatible avec → Chargeur C10
Chargeur C10 → utilise → Connecteur Type 2

Le graphe permet de parcourir les relations.

À quoi sert un graphe ?

Il sert notamment à :

Proximité sémantique et relation explicite

La différence fondamentale se trouve ici.

Proximité sémantique

Une base vectorielle peut rapprocher :

formation SEO
cours de référencement naturel
apprentissage du positionnement Google

Elle considère ces contenus comme proches.

Elle ne sait pas automatiquement que :

Formation SEO avancée → exige → Niveau intermédiaire

Relation explicite

Le graphe représente directement :

Formation SEO avancée → exige → Compétence SEO intermédiaire
Formation SEO intermédiaire → développe → Compétence SEO intermédiaire

Le système peut alors construire un parcours.

Tableau comparatif

Base vectorielleGraphe de connaissances
Représente des vecteursReprésente des nœuds et relations
Recherche la similaritéRecherche les connexions
Gère bien les variations lexicalesGère bien les relations explicites
Utilise des embeddingsUtilise des entités et des triplets
Adaptée au RAG documentaireAdaptée aux questions relationnelles
Moins explicablePlus facilement explicable
Peut fonctionner sans schéma complexeBénéficie d’une ontologie
Tolère les formulations variéesExige une modélisation
Fournit des scores de proximitéFournit des chemins
Ne garantit pas la relation métierReprésente la relation métier

Exemple dans la formation

Base vectorielle

Question :

Comment apprendre le référencement naturel à un niveau avancé ?

La base retrouve :

Elle sélectionne les contenus les plus proches.

Graphe de connaissances

Question :

Quel parcours Marie doit-elle suivre avant la certification SEO ?

Le graphe contient :

Marie → possède → Compétence SEO débutant
Formation intermédiaire → exige → Compétence SEO débutant
Formation intermédiaire → développe → Compétence SEO intermédiaire
Formation avancée → exige → Compétence SEO intermédiaire
Certification SEO → exige → Compétence SEO avancée

Le graphe construit le chemin :

Marie
  ↓
Formation intermédiaire
  ↓
Formation avancée
  ↓
Certification

Exemple dans le support technique

Base vectorielle

Question :

Le routeur perd souvent sa connexion.

La base retrouve des documents proches :

Graphe

Le graphe peut suivre :

Routeur X200
  → présente → Voyant rouge
  → peut indiquer → Perte de synchronisation
  → vérifiée par → Test de ligne
  → traitée par → Procédure 4.2

La base vectorielle retrouve les textes.

Le graphe structure le diagnostic.

Requêtes adaptées à une base vectorielle

Une base vectorielle convient bien aux requêtes comme :

Requêtes adaptées à un graphe

Un graphe convient davantage aux questions comme :

La précision des relations

Une base vectorielle peut rapprocher :

Paris
France
Lyon
Europe

Ces termes appartiennent à un espace sémantique proche.

Elle ne représente pas automatiquement :

Paris → capitale de → France
Lyon → située dans → France
France → située dans → Europe

Le graphe distingue précisément chaque relation.

La gestion des négations

Les embeddings peuvent avoir des difficultés à distinguer certaines phrases proches.

Exemples :

Le produit X est compatible avec le produit Y.
Le produit X n’est pas compatible avec le produit Y.

Les deux phrases partagent presque tous leurs mots.

Leur sens est pourtant opposé.

Un graphe peut représenter explicitement :

Produit X → incompatible avec → Produit Y

La gestion des exceptions

Règle générale :

Les chargeurs USB-C sont compatibles avec les appareils USB-C.

Exception :

Le modèle X100 nécessite un adaptateur spécifique.

Une base vectorielle peut retrouver les deux passages.

Le graphe et un moteur de règles peuvent représenter l’exception explicitement.

La dimension temporelle

Une relation peut évoluer.

Marie → travaille pour → Entreprise Alpha

avec :

date de début : 2022
date de fin : 2026

Le graphe peut représenter la période.

Une base vectorielle peut retrouver une ancienne mention sans comprendre automatiquement qu’elle n’est plus actuelle.

Des métadonnées sont donc nécessaires.

L’explicabilité

Base vectorielle

Le système peut indiquer :

Ce fragment a obtenu un score de similarité élevé.

Ce score n’explique pas nécessairement pourquoi le contenu répond à la question.

Graphe

Le système peut montrer :

Marie possède Compétence A.
Formation B exige Compétence A.
Formation B développe Compétence C.
Certification X exige Compétence C.

Le chemin justifie la recommandation.

La maintenance

Base vectorielle

Lorsqu’un document change, il faut généralement :

  1. remplacer le contenu ;
  2. recalculer son embedding ;
  3. mettre à jour l’index.

Graphe

Lorsqu’une connaissance change, il faut :

  1. identifier les entités concernées ;
  2. modifier les relations ;
  3. gérer les dates ;
  4. conserver la provenance ;
  5. vérifier les règles ;
  6. parfois recalculer les inférences.

Le graphe demande davantage de gouvernance.

Base vectorielle et RAG

Une architecture RAG classique utilise souvent :

Documents
  ↓
Fragments
  ↓
Embeddings
  ↓
Base vectorielle
  ↓
Recherche
  ↓
LLM

Cette architecture convient lorsque les réponses se trouvent dans des passages.

Graphe et GraphRAG

GraphRAG peut utiliser :

Documents
  ↓
Entités et relations
  ↓
Graphe
  ↓
Recherche relationnelle
  ↓
Fragments sources
  ↓
LLM

Le graphe aide à sélectionner les bonnes entités et les bonnes sources.

Architecture hybride

La combinaison la plus utile peut être :

Question
  ↓
Analyse
  ├── Recherche sémantique → Base vectorielle
  ├── Recherche relationnelle → Graphe
  └── Recherche factuelle → Base structurée
        ↓
Fusion des résultats
        ↓
LLM
        ↓
Réponse avec sources

Exemple hybride

Question :

Quelle procédure s’applique au produit du client Alpha dont le contrat est encore valide ?

Le graphe identifie :

Client Alpha
  → possède → Contrat 458
  → couvre → Produit X200

Il vérifie :

Contrat 458 → statut → Actif

La base vectorielle retrouve :

Procédure de maintenance du produit X200

Le LLM formule la réponse.

Base vectorielle et ontologie

Une ontologie peut améliorer la recherche vectorielle.

Elle peut fournir :

Exemple :

Knowledge graph

est relié à :

Graphe de connaissances

Le système peut utiliser ces termes pour enrichir la requête.

Graphe de connaissances et embeddings

Un graphe peut également utiliser des embeddings.

Les vecteurs peuvent représenter :

Il est donc possible de rechercher par similarité à l’intérieur d’un graphe.

Les limites des bases vectorielles

Résultats proches mais non pertinents

Deux contenus peuvent être sémantiquement proches sans répondre à la question.

Difficulté avec les relations précises

La proximité ne signifie pas :

Difficulté avec les contraintes

Une base vectorielle ne vérifie pas automatiquement les règles.

Explicabilité limitée

Un score de distance ne constitue pas une justification métier.

Gestion des versions

Les métadonnées doivent être bien organisées.

Les limites des graphes

Coût de modélisation

Il faut définir les entités et relations.

Extraction difficile

Les relations extraites automatiquement peuvent être fausses.

Résolution d’entités

Les homonymes et variantes doivent être traités.

Maintenance

Le graphe doit évoluer avec les sources.

Moins adapté au langage libre

Une requête mal formulée doit être transformée en requête structurée.

Volume

Un graphe très important peut devenir complexe à interroger.

Quand utiliser principalement une base vectorielle ?

Elle est adaptée lorsque :

Quand utiliser principalement un graphe ?

Il est adapté lorsque :

Quand combiner les deux ?

La combinaison est pertinente lorsque :

Matrice de décision

BesoinBase vectorielleGraphe
Recherche par synonymesForteMoyenne
Recherche dans des textesForteFaible à moyenne
Relations explicitesFaibleForte
Parcours multi-étapesFaibleForte
Prototype rapideForteMoyenne
ExplicabilitéMoyenneForte
Contraintes métierFaibleForte
Maintenance simplePlus simplePlus complexe
Questions globalesMoyenneForte
RAG documentaireForteComplémentaire

Méthode progressive

Étape 1 — Structurer les documents

Ajoutez :

Étape 2 — Construire une recherche textuelle

Vérifiez les besoins réels.

Étape 3 — Ajouter les embeddings

Testez la recherche sémantique.

Étape 4 — Identifier les échecs relationnels

Exemples :

Étape 5 — Ajouter un petit graphe

Commencez par quelques entités et relations.

Étape 6 — Comparer les résultats

Le graphe doit produire une amélioration mesurable.

Erreurs fréquentes

Utiliser uniquement des embeddings pour des règles métier

La proximité sémantique ne remplace pas une règle.

Construire un graphe pour chaque mot

Seules les entités et relations utiles doivent être représentées.

Ignorer les métadonnées

Une base vectorielle sans date ni version peut retrouver des contenus obsolètes.

Confondre similarité et vérité

Un document proche n’est pas nécessairement correct.

Utiliser le graphe sans sources

Les relations deviennent invérifiables.

Opposer systématiquement les deux technologies

Elles sont souvent complémentaires.

À retenir

  1. Une base vectorielle représente la proximité sémantique.
  2. Un graphe représente des relations explicites.
  3. Les embeddings gèrent bien les variantes de langage.
  4. Les graphes gèrent bien les chemins et les dépendances.
  5. Une similarité ne constitue pas une relation métier.
  6. Les graphes offrent une meilleure explicabilité.
  7. Les bases vectorielles sont plus rapides à prototyper.
  8. Les graphes demandent davantage de modélisation.
  9. Un RAG utilise souvent une base vectorielle.
  10. GraphRAG combine graphes, documents et modèles de langage.
  11. Une architecture hybride peut utiliser les deux.
  12. Le choix doit dépendre des questions réelles.

Vérifiez votre compréhension

Quelle est la principale différence ?

La base vectorielle recherche des contenus proches. Le graphe recherche des entités reliées.

Qu’est-ce qu’un embedding ?

Une représentation numérique d’un contenu.

Pourquoi un embedding ne remplace-t-il pas une relation ?

Parce que la proximité sémantique ne précise pas la nature du lien.

Quel outil est adapté à un parcours de prérequis ?

Un graphe de connaissances est généralement plus adapté.

Quel outil est adapté à une recherche documentaire ouverte ?

Une base vectorielle est souvent plus efficace.

Peut-on utiliser les deux ?

Oui. La base vectorielle retrouve les textes et le graphe représente les relations.

Questions fréquentes

Une base vectorielle est-elle une base de connaissances ?

Elle peut en constituer un composant, mais elle ne représente pas automatiquement les règles et relations.

Un graphe peut-il effectuer une recherche sémantique ?

Oui, notamment si les nœuds possèdent des embeddings ou des descriptions indexées.

Une base vectorielle comprend-elle les négations ?

Pas toujours de manière fiable. Les phrases proches lexicalement peuvent recevoir des vecteurs proches malgré un sens opposé.

Faut-il une ontologie pour construire un graphe ?

Elle n’est pas obligatoire, mais elle améliore la cohérence.

Quelle solution coûte le moins cher ?

Une base vectorielle est généralement plus rapide à mettre en œuvre. Le coût dépend ensuite du volume et des requêtes.

Quelle architecture utiliser pour un assistant métier ?

Souvent une architecture hybride associant documents, métadonnées, recherche vectorielle, graphe et règles.

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