Comment gérer les sources, les versions et la provenance des connaissances ?
Une connaissance utile doit pouvoir répondre à trois questions :
D’où vient-elle ?
Quand est-elle valide ?
Pourquoi devons-nous lui faire confiance ?
Sans ces informations, une base de connaissances peut présenter :
- une ancienne règle comme actuelle ;
- une hypothèse comme un fait ;
- un résumé comme une source primaire ;
- une relation sans preuve ;
- un document non validé comme une procédure officielle.
La provenance désigne l’ensemble des informations permettant de retracer l’origine, les transformations et les validations d’une connaissance.
Elle est essentielle dans :
- les bases de connaissances ;
- les graphes ;
- les ontologies ;
- les systèmes RAG ;
- les moteurs de règles ;
- les assistants utilisant un LLM.
Une connaissance sans provenance peut être utile pour explorer. Elle ne suffit pas pour justifier une décision.
Source, référence et provenance
Ces termes sont proches mais différents.
Source
Le document, la personne, la base ou le système dont provient l’information.
Exemples :
- procédure officielle ;
- manuel ;
- entretien ;
- base de données ;
- règlement ;
- rapport.
Référence
L’identification précise de la partie utilisée.
Exemple :
Procédure X200, version 4.2, page 12, section « Voyant rouge ».
Provenance
La provenance inclut davantage d’informations :
- la source d’origine ;
- le passage ;
- la date ;
- la méthode d’extraction ;
- les transformations ;
- les validations ;
- la version ;
- le niveau de confiance.
Exemple complet
statement:
subject: "Formation SEO avancée"
predicate: "EXIGE"
object: "Compétence SEO intermédiaire"
source:
document_id: "REGLEMENT-FORMATION"
version: "2.1"
page: 18
section: "Prérequis"
extraction:
method: "manuelle"
extracted_by: "knowledge-engineer"
extracted_at: "2026-07-10"
validation:
status: "validé"
validated_by: "responsable-pedagogique"
validated_at: "2026-07-12"
validity:
effective_from: "2026-01-01"
effective_until: null
Pourquoi conserver la provenance ?
Vérifier une réponse
L’utilisateur peut consulter le passage original.
Résoudre une contradiction
Deux faits différents peuvent provenir de versions ou de contextes différents.
Mettre à jour les connaissances
Lorsqu’un document change, il est possible d’identifier les connaissances concernées.
Expliquer une décision
Le système peut présenter :
- les faits ;
- les règles ;
- les sources ;
- les versions.
Auditer
Une organisation peut reconstruire les éléments utilisés à une date donnée.
Corriger les erreurs
Si une extraction automatique est mauvaise, la source permet de revenir au texte.
Évaluer la confiance
Une règle officielle et une hypothèse issue d’un commentaire ne doivent pas posséder le même statut.
Les différentes catégories de sources
Source primaire
Document ou donnée faisant directement autorité dans le domaine.
Exemples :
- contrat signé ;
- texte réglementaire ;
- procédure validée ;
- base métier officielle ;
- mesure d’un capteur.
Source secondaire
Contenu interprétant ou résumant une source primaire.
Exemples :
- guide ;
- synthèse ;
- article ;
- présentation ;
- résumé automatique.
Source humaine
- entretien ;
- atelier ;
- observation ;
- déclaration d’expert ;
- retour utilisateur.
Source calculée
Résultat produit à partir d’autres données.
Exemple :
Risque élevé
calculé à partir de :
- plusieurs indicateurs ;
- une règle ;
- un modèle.
Source générée
Contenu proposé par un LLM ou un système automatique.
Elle doit être identifiée comme telle.
Hiérarchie des sources
Définissez une hiérarchie selon le domaine.
Exemple :
1. Texte réglementaire en vigueur
2. Contrat applicable
3. Procédure validée
4. Base métier officielle
5. Documentation interne
6. Historique des cas
7. Avis d’expert
8. Proposition automatique
Cette hiérarchie ne doit pas être universelle.
Dans certains domaines, l’expert possède davantage d’autorité qu’un document ancien.
Construire un registre des sources
Le registre des sources constitue le point d’entrée de la gouvernance documentaire.
| Champ | Exemple |
|---|---|
| Identifiant | PROC-X200-4.2 |
| Titre | Procédure de diagnostic X200 |
| Type | Procédure |
| Auteur | Support réseau |
| Propriétaire | Responsable support |
| Version | 4.2 |
| Statut | Actif |
| Date d’application | 2026-01-15 |
| Niveau d’accès | Interne |
| Remplace | PROC-X200-3.1 |
| Prochaine révision | 2027-01-15 |
Identifiant stable
L’identifiant ne doit pas dépendre uniquement du nom du fichier.
Mauvais exemple :
procedure-finale-vraiment-definitive.pdf
Meilleur exemple :
PROC-X200
avec une propriété :
version: 4.2
Document logique et fichiers physiques
Un même document logique peut posséder plusieurs fichiers.
Document logique :
Procédure X200
Versions :
3.1
4.0
4.2
Il est utile de distinguer :
- l’identité permanente du document ;
- ses versions ;
- les fichiers associés.
Les types de versionnement
Version majeure
Modification importante du sens ou du comportement.
Exemple :
3.0 → 4.0
La procédure change profondément.
Version mineure
Ajout ou modification sans rupture complète.
4.1 → 4.2
Correction
Modification éditoriale sans impact métier.
4.2.0 → 4.2.1
Les règles de numérotation doivent être documentées.
Versionner les connaissances extraites
Le document source et la connaissance extraite peuvent évoluer séparément.
Exemple :
Document :
Procédure X200 version 4.2
Connaissance extraite :
Règle diagnostic version 1.3
La règle 1.3 peut intégrer :
- un passage du document ;
- une validation experte ;
- une exception provenant d’une autre source.
Il faut donc versionner les deux niveaux.
Versionner une ontologie
Les modifications possibles comprennent :
- nouvelle classe ;
- relation renommée ;
- contrainte ajoutée ;
- propriété supprimée ;
- définition modifiée.
Chaque version doit conserver :
- le numéro ;
- la date ;
- les changements ;
- la compatibilité ;
- le plan de migration.
Versionner un graphe
Un graphe peut évoluer en continu.
Deux approches sont possibles :
Version courante avec historique
Les relations possèdent :
- date de début ;
- date de fin ;
- statut.
Instantanés
Des copies du graphe sont conservées à certaines dates.
Le choix dépend :
- du volume ;
- du besoin d’audit ;
- des performances ;
- du niveau de détail attendu.
Les dates essentielles
Date de création
Quand le contenu a-t-il été produit ?
Date de publication
Quand a-t-il été rendu accessible ?
Date de validation
Quand a-t-il été approuvé ?
Date d’application
À partir de quand doit-il être utilisé ?
Date d’expiration
Quand cesse-t-il d’être applicable ?
Date de révision
Quand a-t-il été examiné pour la dernière fois ?
Prochaine révision
Quand doit-il être vérifié à nouveau ?
Exemple
created_at: "2025-12-01"
published_at: "2025-12-20"
validated_at: "2025-12-15"
effective_from: "2026-01-01"
effective_until: null
last_reviewed_at: "2026-06-30"
next_review_at: "2027-01-15"
L’ordre chronologique peut varier selon le processus, mais chaque date doit être définie.
Représenter le remplacement d’une version
Procédure 4.2 → REMPLACE → Procédure 3.1
La version 3.1 doit être :
- marquée comme obsolète ;
- exclue des réponses actuelles ;
- conservée pour l’historique ;
- reliée à la nouvelle version.
Métadonnées minimales d’une source
document_id: "PROC-X200"
version: "4.2"
title: "Procédure de diagnostic X200"
document_type: "procedure"
status: "active"
owner: "support-reseau"
effective_from: "2026-01-15"
access_level: "interne"
replaces:
- document_id: "PROC-X200"
version: "3.1"
Métadonnées d’un fragment RAG
Un fragment doit hériter des métadonnées du document.
chunk_id: "PROC-X200-4.2-CHUNK-017"
document_id: "PROC-X200"
document_version: "4.2"
section: "Diagnostic du voyant rouge"
page: 12
position: 17
status: "active"
access_level: "interne"
Sans cette liaison, les citations peuvent devenir imprécises.
La provenance dans un système RAG
Le processus doit conserver :
Question
↓
Fragments retrouvés
↓
Scores
↓
Contexte transmis
↓
Réponse
↓
Citations
Pour chaque réponse, il devrait être possible d’identifier :
- les fragments candidats ;
- les fragments retenus ;
- les versions ;
- les filtres ;
- le modèle ;
- le prompt ;
- la réponse finale.
Journal d’une réponse
request_id: "REQ-00458"
question: "Quelle procédure s’applique au X200 ?"
retrieval:
filters:
product: "X200"
status: "active"
selected_chunks:
- "PROC-X200-4.2-CHUNK-017"
- "MANUEL-X200-2.0-CHUNK-044"
generation:
model: "modele-production"
prompt_version: "RAG-SUPPORT-3.2"
answer:
citations:
- "PROC-X200-4.2"
Les informations sensibles doivent être protégées dans les journaux.
La provenance dans un graphe de connaissances
La provenance peut être représentée au niveau :
- du nœud ;
- de la relation ;
- de l’affirmation ;
- du sous-graphe ;
- du document.
Relation sourcée
Formation SEO avancée
→ EXIGE
→ Compétence SEO intermédiaire
Provenance :
Source : Règlement pédagogique 2.1
Section : Prérequis
Date d’application : 2026-01-01
Statut : Validé
Plusieurs sources pour un même fait
Source A → soutient → Fait
Source B → soutient → Fait
Le système peut mesurer :
- le nombre de sources ;
- leur indépendance ;
- leur autorité ;
- leur fraîcheur.
Une source peut contredire un fait
Source C → contredit → Fait
Il est parfois préférable de conserver les différentes affirmations plutôt que de choisir immédiatement.
Fait et affirmation
Une approche rigoureuse distingue :
Le fait supposé
et :
L’affirmation produite par une source
Exemple :
Source A affirme que le siège est à Toulouse.
Source B affirme que le siège est à Bordeaux.
Le système conserve deux affirmations avant arbitrage.
Les niveaux de confiance
La confiance ne doit pas être réduite à un nombre arbitraire.
Elle peut dépendre de plusieurs dimensions.
Autorité
La source possède-t-elle une valeur officielle ?
Fraîcheur
Est-elle encore actuelle ?
Indépendance
Plusieurs sources se copient-elles entre elles ?
Précision
La source formule-t-elle explicitement la connaissance ?
Validation
Un expert a-t-il vérifié l’extraction ?
Cohérence
La connaissance est-elle compatible avec les autres faits ?
Exemple de fiche
confidence:
authority: "élevée"
freshness: "élevée"
extraction_quality: "élevée"
human_validation: true
overall_status: "confirmé"
Cette représentation est souvent plus informative qu’un score unique.
Statuts de confiance
Confirmé
Probable
À vérifier
Contesté
Obsolète
Proposition automatique
Le système doit adapter son langage.
Confirmé
La procédure exige une vérification de la synchronisation.
Probable
Le voyant rouge peut indiquer une perte de synchronisation.
Contesté
Les sources disponibles divergent sur le périmètre d’application.
Proposition automatique
Une relation possible a été détectée, mais elle n’a pas encore été validée.
Gérer les contradictions entre versions
Exemple :
Version 3.1 :
Redémarrer immédiatement.
Version 4.2 :
Vérifier la synchronisation avant le redémarrage.
Le système doit déterminer :
- la version active ;
- la date d’application ;
- les anciens cas concernés ;
- les réponses à produire aujourd’hui.
Réponse actuelle
La version 4.2, actuellement active, impose une vérification de la synchronisation avant le redémarrage.
Réponse historique
À la date de l’incident de 2024, la version 3.1 était applicable.
Le contexte temporel modifie la réponse.
Gérer les contradictions entre sources simultanées
Deux sources actives peuvent diverger.
Processus recommandé :
- comparer leur périmètre ;
- comparer leur autorité ;
- vérifier les dates ;
- identifier une éventuelle exception ;
- demander un arbitrage ;
- conserver l’historique.
Exemple
Manuel produit :
Redémarrage autorisé.
Procédure de sécurité :
Redémarrage interdit en présence d’un bruit métallique.
La procédure de sécurité peut être plus spécifique et prioritaire.
La contradiction apparente devient une règle et une exception.
Représenter les transformations
Une connaissance peut passer par plusieurs étapes.
Document original
↓ extraction
Fragment nettoyé
↓ analyse
Relation proposée
↓ validation
Relation publiée
↓ résumé
Réponse utilisateur
Chaque transformation doit pouvoir être identifiée.
Exemple
derived_statement:
id: "STMT-458"
derived_from:
- "CHUNK-017"
transformation:
type: "relation-extraction"
tool: "extractor-v2"
date: "2026-07-10"
validation:
reviewer: "expert-support"
date: "2026-07-12"
Une citation n’est pas une preuve automatique
Une réponse peut citer un document sans que le passage soutienne réellement l’affirmation.
Il faut vérifier :
- la correspondance entre l’affirmation et le passage ;
- le statut du document ;
- la version ;
- le contexte ;
- l’absence d’exception.
Évaluer les citations
Pour chaque affirmation importante :
Affirmation
↓
Citation présente ?
↓
Source correcte ?
↓
Passage compatible ?
↓
Version active ?
Format de citation interne
Exemple :
[Procédure X200 — version 4.2 — section 3.2]
Le lien peut pointer vers :
- le document ;
- une page ;
- une section ;
- un fragment.
Construire une politique des sources
La politique doit préciser :
- quelles sources sont acceptées ;
- lesquelles peuvent produire des règles ;
- lesquelles nécessitent une validation ;
- comment gérer les versions ;
- comment citer ;
- comment traiter les contradictions ;
- quand réviser ;
- comment archiver.
Exemple de politique
1. Toute règle publiée doit posséder une source.
2. Une extraction automatique ne peut pas être publiée sans validation.
3. Les documents obsolètes sont exclus du RAG de production.
4. Les anciennes versions sont conservées pour l’audit.
5. Toute contradiction critique est transmise au propriétaire métier.
6. Les citations doivent inclure le titre, la version et la section.
Automatiser les contrôles
Contrôles possibles :
- source absente ;
- version vide ;
- statut inconnu ;
- date d’application manquante ;
- contenu expiré ;
- référence cassée ;
- fragment orphelin ;
- relation sans provenance ;
- document sans propriétaire.
Rapport de contrôle
| Erreur | Nombre |
|---|---|
| Relations sans source | 34 |
| Documents sans version | 12 |
| Fragments orphelins | 8 |
| Sources expirées actives | 4 |
| Connaissances sans validateur | 19 |
Mesurer la couverture de provenance
Couverture globale
Connaissances avec provenance
÷
Connaissances totales
Couverture critique
Règles critiques avec provenance complète
÷
Règles critiques totales
L’objectif devrait être plus élevé pour les connaissances à risque.
Mesurer la fraîcheur
Connaissances révisées dans le délai
÷
Connaissances soumises à révision
Mesurer la qualité des citations
Citations soutenant réellement l’affirmation
÷
Citations vérifiées
Architecture minimale avec Markdown
Un simple fichier Markdown peut conserver une provenance utile.
---
title: "Prérequis de la formation avancée"
knowledge_id: "KNOW-FORM-017"
version: "2.0"
status: "validé"
source:
title: "Règlement pédagogique"
version: "2.1"
section: "Prérequis"
page: 18
validity:
effective_from: "2026-01-01"
effective_until: null
validation:
validator: "Responsable pédagogique"
validated_at: "2026-07-12"
review:
next_review: "2027-01-15"
---
Cette structure est déjà suffisante pour un petit site ou un prototype.
Architecture avancée
Une organisation peut séparer :
- référentiel des sources ;
- référentiel des connaissances ;
- graphe de provenance ;
- journal des transformations ;
- index RAG ;
- système de versions ;
- outils d’audit.
Exemple conceptuel
Document
→ contient → Passage
→ soutient → Affirmation
→ validée par → Expert
→ utilisée dans → Règle
→ produit → Décision
Cette structure permet de remonter de la décision au document original.
Checklist des sources
- [ ] chaque source possède un identifiant stable ;
- [ ] le propriétaire est défini ;
- [ ] la version est indiquée ;
- [ ] le statut est connu ;
- [ ] la date d’application est présente ;
- [ ] le niveau d’accès est défini ;
- [ ] les remplacements sont documentés ;
- [ ] la prochaine révision est planifiée.
Checklist des connaissances
- [ ] chaque connaissance importante possède une source ;
- [ ] le passage utilisé est identifiable ;
- [ ] la méthode d’extraction est connue ;
- [ ] le statut de validation est présent ;
- [ ] le périmètre est défini ;
- [ ] les dates de validité sont conservées ;
- [ ] les contradictions sont documentées ;
- [ ] les transformations sont traçables.
Checklist RAG
- [ ] chaque fragment conserve le document parent ;
- [ ] les versions obsolètes sont filtrées ;
- [ ] les citations renvoient au bon passage ;
- [ ] les droits sont appliqués avant la recherche ;
- [ ] le contexte transmis est journalisé selon les règles de sécurité ;
- [ ] la version du prompt et du modèle est connue ;
- [ ] les réponses importantes peuvent être auditées.
Erreurs fréquentes
Utiliser le nom du fichier comme seule identité
Le nom peut changer ou être dupliqué.
Confondre date de publication et date d’application
Une règle peut être publiée avant son entrée en vigueur.
Écraser les anciennes versions
Les décisions historiques deviennent impossibles à expliquer.
Citer un document sans passage précis
La vérification reste difficile.
Considérer une source secondaire comme primaire
Un résumé peut déformer le contenu original.
Publier une extraction automatique sans statut
L’utilisateur ne sait pas si elle a été vérifiée.
Attribuer un score de confiance arbitraire
La valeur numérique donne une fausse précision.
Conserver la source au niveau du document uniquement
Certaines relations proviennent de sections différentes ou de plusieurs documents.
À retenir
- La provenance décrit l’origine et les transformations d’une connaissance.
- Une référence précise identifie le passage utilisé.
- Les sources primaires et secondaires doivent être distinguées.
- Chaque source doit posséder un identifiant stable.
- Le document logique doit être distingué de ses versions.
- Les connaissances extraites peuvent avoir leur propre version.
- Les dates de publication et d’application sont différentes.
- Les anciennes versions doivent être archivées, pas simplement écrasées.
- Les relations d’un graphe doivent conserver leurs sources.
- Les citations doivent réellement soutenir les affirmations.
- Les sorties automatiques doivent posséder un statut de validation.
- Une bonne provenance permet de vérifier, corriger et auditer les réponses.
Continuer
Mettre en place une gouvernance des connaissances